Pour en savoir plus sur cette série, tout est expliqué sur l’article « Le calendrier vénère des phrases qu’on ne veut plus entendre sur la transidentité« .
En résumé
Phrase 12 de botre calendrier vénère :
« Bon, toi c’est pas pareil, il est vraiment trans mais, les autres, là, c’est pour se rendre intéressant.”
Voilà le juge suprême des bonnes et mauvaises transidentités, j’ai nommé notre tonton Marcel qui nous colle aux basques comme un vieux chewing-gum.
Il est bien décidé à nous gâcher le repas avec ses opinions non sollicitées mais nous n’allons pas laisser faire.
On parle ici de : refuser les classements, se battre contre les oppressions en n’acceptant pas que nos enfants soient mis dans des cases.
Des ressources :
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« Bon, toi c’est pas pareil, il est vraiment trans mais, les autres, là, c’est pour se rendre intéressant.”
Le plat arrive fumant sur la table. Tonton Marcel décide d’en remettre une couche. Ben, oui, ça serait quand même dommage de nous laisser profiter tranquillement du repas.
C’est quand même dingue de ne rien comprendre à la transidentité mais d’arriver quand même à se poser en juge suprême des bonnes et des mauvaises transidentités.
Là, c’est une phrase que les transphobes ont piqué aux racistes pour la remodeler à la mode transphobe (bon, comme les racistes sont souvent transphobes et vice versa, on peut dire qu’iels ont juste recyclé leur propre phrase, en fait).
Vous avez certainement déjà dû entendre des phrases du style : « Les personnes racisées, c’est tous des (insérez ici un bon gros stéréotype dégueulasse fourni par les racistes). Sauf toi, je te connais, c’est pas pareil, t’es pas comme eux ». Et ben, c’est pareil ici et il ne faut pas tomber dans le piège.
Alors, que répondre à Tonton Marcel ?
👉 Dire « lui/elle est vraiment trans » revient à invalider la réalité des autres enfants/ados trans.
C’est un raisonnement biaisé qui s’appuie sur une perception personnelle, sans tenir compte des parcours divers et légitimes.
Reconnaître une personne trans ne devrait pas être basé sur nos liens avec elle/lui/ellui mais sur le respect des identités en général. C’est un droit reconnu par la loi et ne pas le respecter revient à faire de la discrimination.
“Constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques sur le fondement de leur […] identité de genre…”
Quand quelqu’un dit : « toi, c’est pas pareil », il place sur un piédestal une personne en dénigrant les autres. C’est une insulte déguisée. Ça revient à dire que certaines personnes méritent moins de respect ou de considération parce qu’elles ne rentrent pas dans la vision étriquée de ce qu’est une « vraie » personne trans.
C’est se positionner comme juge de ce qui est bien ou mal pour n’accepter qu’une petite partie des personnes trans selon des critères souvent racistes, sexistes et validistes.
👉 Refuser le classement
Classer les jeunes trans entre bon/mauvais, vrai/faux c’est risqué de mettre certain·es jeunes en danger.
Certains établissement scolaires, par exemple, peuvent décider d’appliquer la circulaire Blanquer avec plus ou moins de bonne volonté selon que la ou le jeune rentre ou non dans les cases de ce que la société considère comme être “une bonne personne trans”.
👉 Accepter que nos enfants rentre dans les cases de la “bonne personne trans” est tentant mais ça pose plusieurs problème:
C’est participer à renforcer les multiples oppressions vécues par les autres, jugées comme moins acceptables socialement. Les jeunes trans “politiquement corrects” vont ainsi servir de contre-exemple pour accentuer l’oppression de celleux qui ne sont jugé·es “pas comme il faut”.
C’est donner un pouvoir immense aux personnes cis qui vont s’ériger en juge en dictant leurs propres critères.
Sans compter que les critères peuvent se durcir, faisant basculer des enfants/ados jusqu’alors accepté•es, dans le groupe des celleux que la société rejette.
Alors Marcel, très peu pour nous, nous ne tomberons jamais dans le piège de la classification des bon·nes/mauvais·es, vrai·es/faux·sses trans. Car tous les vécus sont valides, qu’on s’intègre bien, qu’on soit trop, qu’on ne soit pas assez. L’important, c’est d’être soi-même.
Et s’il persiste ?
On lui sort la réplique qui tue :
Et toi, Marcel, tu te situes où dans l’échelle de l’homme médiocre ?
Et vous ? Qu’est-ce que vous diriez à Tonton Marcel ?


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